"APPRENDRE À LIRE"
En Sambla, langue parlé au sud-ouest du Burkina Faso
Qui sommes nous?
L’Association Enkalu est une association à but non lucratif de droit suisse fondée le 22 novembre 2025 et dont le siège est à Berne. Elle est politiquement indépendante et confessionnellement neutre. Elle est entièrement vouée à l’intérêt public, ne poursuit aucun but lucratif, et ses organes exercent leurs activités à titre bénévole.
Enkalu soutient la scolarisation et l’éducation des enfants de Torosso, un village du sud-ouest du Burkina Faso, ainsi que des hameaux environnants.
Le nom de l’association dit précisément ce qu’elle veut : « Enkalu » signifie « apprendre à lire » en sambla, la langue du village et celle du président de l’association. C’est le premier seuil, celui à partir duquel tout le reste devient possible.
D’où vient l’association?
Enkalu est née de l’histoire d’un homme et d’un village.
Kader Diabate, président de l’association, est né à Toble, un hameau rattaché à Torosso. Enfant, il parcourait neuf kilomètres à pied chaque jour pour se rendre à l’école, que son père finançait. Il lui enseignait aussi de jouer au balafon. Au décès de son père, les moyens ont disparu et sa scolarité s’est arrêtée net ; seule la formation musicale a pu continuer. À quinze ans, il quitte le village pour Bobo-Dioulasso sans y connaître personne, dormant dans la rue. Pendant quatre ans, c’est la musique qui le fait vivre. Elle finit par lui ouvrir des portes : des concerts en Allemagne, puis dans plusieurs pays d’Europe, et en 2023 un contrat de musicien qui l’amène en Suisse.
Depuis 2019, sans attendre de structure ni de soutien extérieur, Kader finance à son mieux de sa poche la scolarisation, la cantine et le matériel des enfants de Torosso, à hauteur de ce qu’il peut. Elle a permis à des enfants d’aller en classe ; elle ne suffit pas et ne peut pas reposer indéfiniment sur une seule personne.
La rencontre en 2023 avec Jonas Liam Oegerli, vice-président, lors d’un rencontre des Cafés Solidaires, a donné à cet engagement la forme d’une association. Ce que Kader faisait seul devient un projet collectif, transparent et durable.
Le village de Torosso
Torosso est un village du département de Karangasso-Sambla, dans la province du Houet, au sud-ouest du Burkina Faso, à une cinquantaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso. 308 y vont à lécole, répartis en six classes. L’école ne dispose pas d’assez de places pour tous : les élèves alternent. Beaucoup marchent entre deux et dix kilomètres pour s’y rendre et sont absents de chez eux de sept heures du matin à cinq heures du soir.
Les familles vivent d’une agriculture de subsistance : elles produisent de quoi manger, pas de quoi payer. Or la scolarisation est à leur charge — 12 500 francs CFA par enfant et par année, soit environ 19 francs suisses. À cela s’ajoutent les fournitures, les vêtements, les chaussures, un sac. Pour un ménage sans revenu monétaire, c’est un obstacle décisif. Une cantine existe à l’école, mais les denrées coûtent cher et son fonctionnement n’est pas assuré.
Après le primaire, l’école secondaire la plus proche se trouve à vingt ou vingt-cinq kilomètres, que les élèves parcourent à vélo. Environ 40 % des enfants poursuivent leur scolarité. Les autres restent au village et reprennent la vie de leurs parents.
Aucune organisation internationale n’intervient à Torosso. Les plans se concentrent — légitimement — sur les régions du nord et de l’est du pays, frappées par l’insécurité et les déplacements de population. Les villages ruraux pauvres mais paisibles comme Torosso restent hors du champ : pas d’urgence spectaculaire, donc pas des projets coopération.